Sallé.                                              381
plainte contre le fleur Charles Joffet de St-Julien, bourgeois de Paris, y de­meurant au magafin de ville, fur le boulevard de la porte St-Martin, et nous a dit qu'il eft en inftance avec le lieur Joffet de St-Julien devant M. le Lieu­tenant général de police relativement à une loge qu'il avoit louée dans le fpectacle du plaignant, pour raifon de quoi il n'a pas fatisfait aux engagemens qu'il avoit contractés, ce qui fait l'objet de leur conteftation. Que ledit fleur Jollet de St-Julien a pris de l'animofité contre le plaignant et a cherché à vouloir fe faire donner fés entrées libres dans le fpectacle du plaignant, ce à quoi il n'a pu réuffir vu leur conteftation. Qu'il y a un inftant ledit fleur Joffet de St-Julien l'a envoyé demander dans un billard où étoit le compa­rant. Qu'ils'eft rendu fur le boulevard à l'invitation dudit fleur Joffet de St-Julien qui lui a d'abord parlé de l'affaire pour laquelle ils font en inftance en lui difant qu'il n'avoit pas voulu pourfuivre cette affaire. Qu'après une converfation qu'il a tenue avec le plaignant, ledit fleur Joffet de St-Julien lui a dit que fi lui Joffet de St-Julien n'étoit pas gentilhomme, il auroit eu une affaire avec ledit fleur plaignant et qu'au même inftant il lui a porté plufieurs coups de canne fur le corps qui l'ont jeté dans un foffé où il lui a encore porté des coups de canne. Que le plaignant ayant appelé àfonfecours, plufieurs per-fonnes font furvenues, ont empêché le fleur Joffet de St-Julien de continuer fés mauvais traitemens,'l'ont remis entre les mains de la garde et les a amenés tous deux en notre hôtel où après les avoir entendus nous les avons renvoyés à fe pourvoir par les voies de droit.
Signé : Sallé ; Vanglenne.
(Archives iles Comm., n- 4983.)
iv
L'an 1785, le famedi 24 mai du matin, eft comparue en l'hôtel et par-de-' vant nous Nicolas Maillot, etc., Françoife Affeline, femme de Louis-Gabriel Salé, maître de fpectacle fur les boulevards du Temple, y demeurant avec lui, paroiffe St-Laurent : Laquelle nous a rendu plainte contre ledit Salé, fon mari, et dit que depuis fon mariage avec lui, il y a quatorze ans ou environ, elle a toujours été traitée de lui fort rudement quoiqu'elle l'ait toujours traité avec la plus grande douceur. Que quelquefois, fur des chofes ne méritant pas la peine de parler, il la traitoit rudement, l'injurioit et a môme été jufqu'à lui porter quelques coups mal à propos et par vivacité. Qu'elle a toujours été du même caractère de douceur lorfqu'il s'agiffoit de quelques-unes de fés vi­vacités et cela ne l'a pas empêché de continuer. Que dans le mois de mars dernier il a dit à la plaignante et lui a reproché fur ce qu'on lui avoit dit feulement qu'elle fe débauchoit avec un nommé Ribié, acteur, qui avoit de­meuré chez eux en cette qualité et qui étoit paffé chez le fleur Nicolet, auffi maitre de fpectacle fur le boulevard ; que ce particulier avoit même loué une